Le monde associatif s’unit pour faire face au coronavirus

ngagées sur le territoire français et dans des zones sensibles à travers le globe, les ONG et les associations françaises adaptent leurs aides humanitaires pour accompagner les personnes les plus démunies tout en protégeant son personnel du coronavirus.

S’unir pour répondre aux besoins

Le collectif Alliance Urgences est né grâce à la fusion de six ONG humanitaires de terrain : Action Contre la Faim, CARE France, Handicap International, Médecins du Monde, Plan International et Solidarités International. Elles ont choisi d’unir leurs compétences pour faire face à la situation d’urgence à laquelle les pays du monde entier font face. « L’objectif commun est de renforcer la coordination, la rapidité et l’impact des réponses humanitaires des six ONG en France et à l’étranger. » nous a expliqué Renaud Douci, délégué général d’Alliance Urgences.

Pour faire face à des soucis de logistique, les associations mettent en commun leurs matériels d’intervention. « Le prix des denrées ou le prix des matériels que nous achetons a été multiplié par 2, par 3, par 4, voire par 5, selon les zones et selon les types de matériels. Il faut anticiper, s’entendre et mutualiser les moyens, les achats et les déplacements entre nos ONG. » témoigne Renaud Douci d’Alliance Urgences.

Les Restos du Coeur ont également décidé de collaborer avec la Croix rouge pour la livraison à domicile des denrées alimentaires auprès des personnes qui n’ont pas de quoi se nourrir. L’association travaille aussi main dans la main avec Action contre la faim et Médecins du Monde pour répondre aux besoins en termes d’hygiène, notamment envers le public à la rue.

Une nouvelle organisation pour la sécurité des humanitaires

Les ONG françaises ont toutes pris d’importantes mesures sanitaires pour protéger leurs personnels humanitaires contre toute éventuelle contamination au Covid-19. Renaud Douci précise « Protéger les équipes humanitaires c’est faire en sorte qu’elles ne soient pas vectrices de la maladie mais de protection. »

De son côté, Action contre la faim a tenu sa première cellule de crise le 25 février dernier pour préparer le basculement en télétravail de l’ensemble de ses collaborateurs présents au siège de l’ONG à Paris.« Les enjeux auxquels nous sommes confrontés reposent sur la continuité de notre travail, voire l’augmentation de nos activités tout en protégeant nos collaborateurs où qu’ils soient, en France ou dans l’un des 50 pays où nous intervenons. » nous explique Jean-François Riffaud, directeur général d’Action contre la faim.

L’association les Restos du Cœur a dû réagir rapidement pour mettre en sécurité ses équipes. Patrice Douret, administrateur des Restos du Coeur, nous a expliqué « Sur le terrain, nous avons dû proposer des fonctions et des occupations différentes à tous nos bénévoles qui ont plus de 70 ans ou qui présentaient des pathologies médicales particulières, ce qui veut dire près d’un tiers de nos bénévoles. » Au début de la crise sanitaire, les Restos du Coeur ont fait un appel au bénévolat pour renforcer ses équipes.

Les ONG humanitaires ont formé leurs équipes aux risques liés au Covid-19 et les programmes ont été adaptés. Renaud Douci d’Alliance Urgence nous a confié « nous avons travaillé dans des centres de traitement d’Ebola, du choléra, de la rougeole, par exemple, dans les camps de réfugiés, dans les communautés ou dans les villages pour combattre ces maladies souvent liées à l’eau. Malgré cela, le coronavirus a ses spécialités. »

https://lepetitjournal.com/societe/ong-associations-coronavirus-278630

10 mai 2020 14 h 39 min